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p33 Deuxième climat, Première section

Afrique occidentale - Iles Canaries - Camnourié - Désert de Nisir - Audaghocht

traduction de
P. Amédée Jaubert
traduction de R. Dozy et M. J. de Goeje

Après avoir décrit avec les détails convenables, dans chacune des dix sections dont se compose le premier climat, tout ce qu'il y a de remarquable en fait de villes, de villages, de contrées cultivées et de déserts, ainsi que les animaux, les minéraux, les mers et les îles, les royaumes, les moeurs, coutumes et religions des peuples, il convient de donner, à l'aide du secours divin, dans ce deuxième climat, la description des pays, contrées, grandes et petites villes, des lieux incultes et déserts, des mers, des îles, leurs noms et les distances qui les séparent, comme nous l'avons fait pour le premier climat.

Nous disons donc que la présente section du deuxième climat commence à l'extrémité de l'occident, c'est-à-dire à la mer ténébreuse ; on ignore ce qui existe au delà de cette mer. A cette section appartiennent les îles de Masfahan et de Lamghoch, qui font partie des six dont nous avons parlé sous la désignation des (îles) éternelles et d'où Ptolémée commence à compter les longitudes des pays. Alexandre le Grand alla jusque-là et en revint.

p34 Quant à Masfahan, l'auteur du livre des Merveilles rapporte qu'au centre de cette île est une montagne ronde, au-dessous de laquelle on voit une statue de couleur rouge, élevé par Esaad abou-Kerb el‑Haïri (Alexandre dzoul'carneïn), dont il sera question ci-après, dans son expédition, et qu'on donne ce nom (d'abou-Kerb el‑Haïri) à tous les voyageurs qui sont parvenus aux deux bouts du monde. Abou-Kerb el‑Haïri fit placer là cette statue, afin d'indiquer aux navigateurs qu'au delà de ce point il n'y a point d'issue, point de lieu de débarquement. L'on ajoute que dans l'île de Lamghoch (ou de Lagos) on voit aussi une statue de construction très-solide, dont l'accés est impossible. On dit que celui qui la fit élever y mourut, et que ses héritiers lui élevèrent un tombeau dans un temple bâti en marbre et en pierres de couleur. Le même auteur raconte que cette île est peuplée de bêtes féroces, et qu'il s'y passe des choses qu'il serait trop long de décrire, et dont l'admission répugne à la raison.

Sur les rivages de ces îles et de plusieurs autres, on trouve de l'ambre de qualité supérieure, ainsi que la pierre dite el‑behet, renommée dans l'Afrique occidentale, où elle se vend à très-haut prix pour le pays de Lamtouna, dont les habitants prétendent que celui qui en est porteur réussit dans toutes ses entreprises. On dit aussi que cette pierre jouit de la propriété de lier la langue.

On y trouve aussi un grand nombre d'autres pierres de formes et de couleurs variées, qu'on recherche beaucoup et dont on fait le commerce, attendu, dit-on, qu'elles entrent dans la composition de plusieurs remèdes excellents. Telles sont celles qu'on emploie à combattre les humeurs nuisibles et à calmer promptement les douleurs qui en résultent ; telles sont encore celles qui facilitent les accouchements ; celles au moyen desquelles, en faisant un signe à des femmes ou à des enfants, on s'en fait suivre. Les habitants de ces îles possèdent beaucoup de pierres semblables et sont renommés pour les opérations magiques qu'ils pratiquent (à l'aide de ces pierres), et auxquelles ils sont initiés.

La présente section comprend le reste de l'Afrique occidentale, et du Soudan, où, comme nous l'avons dit, les lieux habités et les facilités pour voyager sont très-rares, à cause du manque d'eau, les voyageurs étant obligés d'emporter avec eux celle qui leur est nécessaire pour pénétrer, soit dans cette contrée, soit dans la partie limitrophe du pays de Camnourié.

Ce dernier pays confine du côté du nord aux précédents ; du côté de l'occident à l'océan, et du côté de l'orient au désert de Tiser, route des marchands d'Aghmat, de Sedjelmasa, de Dera', du Noul le plus éloigné, qui se rendent à Ghana et aux frontières du Wangara, pays de l'or.

Il existait (autrefois) dans le Camnourié des villes connues et des résidences remarquables, mais les peuples de Zaghawa et de Lamtouna du désert, qui habitaient les deux côtés de ce pays (je veux dire du Camnourié), en entreprirent la conquête, anéantirent la plupart de ces villes et dispersèrent ou détruisirent leurs tribus.

Les habitants du pays de Camnourié, d'après le rapport des marchands, se prétendent Juifs. Leur croyance est un mélange confus de toutes choses ; ils ne reconnaissent ni rois ni droit de propriété. Ils sont repoussés et détruits par toutes les tribus voisines. Anciennement il existait dans ce pays deux villes connues, l'une sous le nom de Camnourié, l'autre sous celui de Taghiza ; elles étaient l'une et l'autre très-peuplées ; il y avait des chefs et des vieillards qui administraient les affaires, rendaient la justice dans tous les cas d'oppression et autres qui pouvaient se présenter ; mais, avec le temps, ces institutions se perdirent ; la discorde et l'esprit de pillage prévalurent ; le pays devint désert et ses habitants s'enfuirent dans les montagnes, se dispersèrent dans les déserts, tombèrent sous le joug de leurs voisins ou se cachèrent dans des retraites, en sorte qu'il ne reste plus qu'un petit nombre d'individus appartenant au Camnourié, et vivant, dans ces déserts ou sur le rivage, de laitage et de poisson, ayant à peine de quoi subsister, dans la plus profonde misère, et errant sans cesse pour éviter les embûches de leurs voisins.

La contrée comprise entre le pays de Camnourié et Sala et Tokrour est inculte, peu fréquentée et déserte. On n'y trouve de l'eau qu'à de grandes profondeurs, ainsi que le prouve la hauteur des déblais autour des puits. La distance entre Camnourié et Sala et Tokrour est de 5 journées. De Taghiza à Sala on compte environ 12 journées et autant de Taghiza à Azka, du pays de Lamtouna. L'eau y est très-rare, on est obligé de s'en approvisionner et de creuser des puits (pour s'en procurer).

Dans le pays de Camnourié on voit la montagne de Manan, qui touche à l'océan. Elle est très-haute et de couleur rouge. On y trouve des pierres brillantes qui éblouissent la vue à tel point, qu'aux rayons du soleil il est impossible d'en supporter l'éclat (comparable à celui du fer rougi). Au bas de cette montagne, on trouve des sources d'eau douce ; on se munit de cette eau et on la transporte au loin dans des outres.

Dans le pays qui dépend de Taghiza et au sud-est de cette ville, est située la montagne de Benberan, l'une des plus hautes du globe. Elle est stérile et de couleur blanche ; il n'y croît d'autres végétaux que des absinthes et des alcalis épineux. L'auteur du livre des Merveilles rapporte que les nuages ne se résolvent en pluie que dans la partie inférieure de cette montagne.

C'est à cette contrée qu'appartient le désert de Tiser dont nous avons déjà parlé et par où passent les voyageurs qui se rendent à Audaghocht, à Ghana et ailleurs, comme nous l'avons dit. Ce désert est peu habité et aride. On n'y trouve qu'un peu d'eau qu'on tire des puits, parmi lesquels le plus connu est celui qu'on nomme le puits de Tiser, dont nous avons parlé, et devant lequel est un espace totalement inculte de 14 journées. On trouve dans ce même désert des serpents d'une longueur et d'une grosseur énormes. Les nègres les tuent à la chasse, leur coupent la tête et mangent le reste accommodé avec de l'eau, du sel et de l'absinthe, ce qui pour eux est un régal.

C'est en automne que les caravanes traversent ce désert. Voici la manière de voyager : on charge les chameaux de très-bonne heure et on marche jusqu'au moment où le soleil s'est élevé sur l'horizon, au point de communiquer à la terre une chaleur insupportable. Alors on s'arrête, on décharge les chameaux et on les entrave ; on met en ordre les bagages et on tâche de se procurer de l'ombre, afin d'éviter l'influence fâcheuse de la chaleur des rayons solaires. A trois heures après midi, c'est-à-dire lorsque le soleil commence à baisser, on repart et on marche jusqu'après la nuit close, époque à laquelle on s'arrête de nouveau, quelque part qu'on se trouve, et on se repose durant le reste de la nuit : tel est l'usage constamment suivi par les voyageurs qui parcourent le Soudan, car les rayons du soleil seraient mortels pour quiconque s'exposerait à leur action lorsqu'ils tombent verticalement.

A cette section appartient aussi la partie septentrionale du pays de Ghana où se trouve Audaghocht, petite ville située dans le désert et où l'eau est rare. Elle est, comme la Mecque, bâtie entre deux collines : la population en est peu nombreuse et le commerce misérable ; il consiste principalement en chameaux.

D'Audaghocht à Ghana, on compte 12 journées ; d'Audaghocht aux villes du Wardjelan, 31 journées ; d'Audaghocht à Djerma, environ 25 journées ; d'Audaghocht à la ville d'Oulil, où est la mine de sel, 30 journées.

Divers voyageurs dignes de foi qui ont parcouru le Soudan, rapportent que dans le territoire d'Audaghocht on trouve, près des eaux stagnantes, des truffes dont le poids s'élève jusqu'à trois livres et au delà. On en apporte en abondance à Audaghocht, où on les fait cuire avec de la chair de chameau ; ce qui compose, dit-on, un mets excellent.

Après avoir décrit avec les détails convenables, dans chacune des dix sections dont se compose le premier climat, tout ce qu'il y a de remarquable en fait de villes, de villages, de contrées cultivées ou incultes, ainsi que les animaux, les minéraux, les mers et les îles, les rois et les nations, les moeurs, coutumes et religions des peuples, il convient de donner dans ce deuxième climat la description des pays, châteaux, grandes et petites villes, des lieux incultes et déserts, des mers et des îles, des peuples et des distances qui les séparent, comme nous l'avons fait pour le premier climat.

Nous allons donc commencer à présent, à l'aide du secours divin, par la première section du deuxième climat, en disant que cette section à l'extrémité de l'occident, c'est-à-dire à la mer Ténébreuse ; on ignore ce qui existe au-delà de cette mer. A cette section appartiennent les îles de Masfahân et de Lagous, qui font partie des six dont nous avons parlé sous la désignation d'al‑Khâlidât (les îles Fortunées) et d'où Ptolémée commence à compter les longitudes des pays. Dzou 'l‑Carnaïn (l'hommes aux deux cornes), c'est-à-dire Alexandre le Grand, alla jusque-là et c'est de là qu'il commença son retour.

Quant à Masfahan, l'auteur du Livre des merveilles rapporte qu'au centre de cette île est une montagne ronde, au-dessus de laquelle on voit une colonne de couleur rouge, élevé par Asad Abou Carib al‑Himyâri, le Dzou l'Carnaïn dont Tobba fait mention dans ses poésies, car on donne cette épithète à quiconque est parvenu aux deux bouts du monde. Abou Carib al‑Himyâri fit placer là cette colonne, afin d'indiquer aux navigateurs qu'au delà de ce point il n'y a point d'issue, point de lieu de débarquement. L'on ajoute que dans l'île de Lagous on voit aussi une colonne de construction très solide, et qu'il est impossible de parvenir à son sommet. On dit que Tobba Dzou 'l‑Marâtsid, qui la fit élever, y mourut, et que son tombeau s'y trouve dans un temple bâti en marbre et en verre de couleur. Le même auteur raconte que cette île est peuplée de bêtes féroces, et qu'il s'y passe des choses qu'il serait trop long de décrire, et dont l'admission répugne à la raison.

Sur les rivages de cette mer on trouve de l'ambre de qualité supérieure, qui semble provenir de ces îles et d'autres, ainsi que la pierre dite baht, renommée dans l'Afrique occidentale, où elle se vend à très-haut prix, surtout dans le pays des Lamtouna, qui prétendent que celui qui en est porteur réussit dans toutes ses entreprises. On dit aussi que cette pierre jouit de la propriété de lier la langue. On y trouve encore un grand nombre d'autres pierres de formes et de couleurs variées, qu'on recherche beaucoup et qui passent de père en fils par héritage, attendu, dit-on, qu'elles s'emploient avec succès dans le traitement de plusieurs maladies. Telles sont celles que les femmes dont les mamelles sont malades suspendent sur leur sein et qui en calment promptement la douleur ; telles sont encore celles qui facilitent les p35accouchements, et celles au moyen desquelles, en faisant un signe à des femmes ou à des enfants, on s'en fait suivre. Ils (les Lamtouna) possèdent beaucoup de pierres semblables et sont renommés pour les opérations magiques qu'ils pratiquent à l'aide de ces pierres.

La présente section comprend le reste du Magzâra, pays de nègres, où, comme nous l'avons dit, l'eau est rare et la culture nulle. Les voyageurs de le traversent qu'exceptionnellement, car, à cause du manque d'eau, ils sont obligés d'emporter avec eux celle qui leur est nécessaire pour pénétrer, soit dans cette contrée, soit dans la partie limitrophe du pays de Camnouria.

Ce dernier pays, qui est situé au nord du Magzâra, confine du côté de l'occident à l'océan Ténébreux, et du côté de l'orient au désert de Nîsar, à travers duquel est la route des marchands d'Aghmât, de Sidjilmâsa, de Dar'a, du Noul occidental (al‑Akça), quand ils se rendent à Ghâna et à la partie du Wangâra, pays de l'or, qui en est limitrophe.

Il existait autrefois dans le Camnouria des villes connues et des résidences remarquables, appartenant aux nègres, mais les Zaghâwa et les Lamtouna du désert, qui habitaient les deux côtés de ce pays (je veux dire de la Camnouria), en entreprirent la conquête, exterminèrent la plupart des habitants et dispersèrent le reste.

Les habitants du pays de Camnouria, d'après le rapport des marchands, se prétendent juifs. Leur religion est un mélange confus de toutes choses ; ils ne sont rien et n'ont pas de croyance bien déterminée ; ils n'ont pas de roi eux-mêmes et n'obéissent pas à un roi étranger, mai ils sont le jouet de toutes les tribus voisines. Anciennement il existait dans la Camnouria deux villes florissantes, dont l'une était connue sous le nom de Camnourî, l'autre sous celui de Naghîra. Elles étaient l'une et l'autre très peuplées ; il y avait des chefs et des chaikhs qui administraient les affaires et rendaient la justice dans les affaires criminelles p36et dans les querelles ; mais, avec le temps, ces institutions se perdirent ; la discorde prévalut au milieu d'eux ; les incursions des tribus environnantes désolèrent le pays ; les habitants s'enfuirent, et cherchèrent un refuge dans les montagnes ou se dispersèrent dans les déserts, tombèrent sous le joug de leurs voisins ou se mirent sous leur protection, en sorte qu'il ne reste plus qu'un petit nombre d'individus appartenant aux Camnouriens, et vivant, dispersés dans ces déserts ou sur le rivage, de laitage et de poisson. Ils mènent une vie pénible, ayant à peine de quoi subsister, et errant sans cesse, mais ils sont aujourd'hui en paix avec leurs voisins qui leur permettent de passer leurs jours en tranquillité.

Entre le pays de Camnouria et Sillâ et Tacrour, il y a des routes peu fréquentées, dont les traces et les bornes commencent à se perdre. On n'y trouve de l'eau qu'à de grandes profondeurs, et c'est à peine qu'on reconnaît les lieux où elle se trouve. La distance entre la Camnouria et Sillâ et Tacrour est de 15 journées. De Naghîrâ à Sillâ on compte environ 12 journées et autant de Naghîrâ à Azoggâ (Azoggî), du pays des Lamtouna. L'eau y est très rare ; les voyageurs qui passent par cette route sont obligés de s'en approvisionner et de creuser des puits pour s'en procurer.

Dans le pays de Camnouria on voit la montagne de Manan, qui touche à l'océan. Elle est très haute, d'un accès difficile et de couleur rouge. On y trouve des pierres brillantes qui éblouissent la vue à tel point, qu'aux rayons du soleil il est impossible d'en supporter l'éclat. La couleur de ces pierres est d'un rouge brillant. Au bas de p37cette montagne, on trouve des sources d'eau douce ; on se munit de cette eau et on la transporte au loin dans des outres.

Dans le pays qui dépend de Naghîrâ et à l'est-sud‑est de cette ville, est située la montagne de Banbawân, l'une des plus hautes du globe. Elle est stérile et de couleur blanche ; il n'y croît d'autres végétaux que des absinthes et des alcalis. L'auteur du Livre des merveilles rapporte que la pluie n'en atteint jamais le sommet, les nuages ne se résolvent en pluie que dans la partie inférieure de la montagne.

C'est à cette contrée que confine le désert de Nîsar dont nous avons déjà parlé et par où passent les voyageurs qui se rendent à Audaghocht, à Ghâna et ailleurs, comme nous l'avons dit. Ce désert est peu fréquenté et sans bitations. On n'y trouve que peu d'eau, et il faut s'en approvisionner avant d'entrer dans ces solitudes arides parmi lesquelles la plus connue est celle de Nîsar, dont nous avons dit plus haut qu'elle s'étend en longueur l'espace de 14 journées pendant lesquelles il n'y a pas la moindre trace d'eau. On trouve dans ce même désert des serpents d'une longueur et d'une grosseur énormes. Les nègres les tuent à la chasse, leur coupent la tête et mangent le reste accommodé avec du p38sel, de l'eau et de l'absinthe, ce qui pour eux est un régal.

C'est en automne que les caravanes traversent ce désert. Voici la manière de voyager : on charge les chameaux de très-bonne heure et on marche jusqu'au moment où le soleil s'est élevé sur l'horizon, au point de communiquer à l'air et à la terre une chaleur insupportable. Alors on s'arrête, on décharge les chameaux et on les entrave ; on déballe les marchandises et on dresse des tentes en tâchant de se procurer de l'ombre, afin d'éviter l'influence fâcheuse de la chaleur des rayons solaires. A trois heures et demie après midi (al‑'açr), c'est-à-dire lorsque le soleil commence à baisser, on repart et on marche jusqu'après la nuit close (al‑'atma), époque à laquelle on s'arrête de nouveau, quelque part qu'on se trouve, et on se repose durant le reste de la nuit, jusqu'au crépuscule du matin, quand on reprend le voyage. Tel est l'usage constamment suivi par les voyageurs qui se rendent au Soudan, car les rayons du soleil seraient mortels pour quiconque s'exposerait à leur action lorsqu'ils tombent verticalement.

A cette section appartient aussi la partie septentrionale du pays de Ghâna où se trouve Audaghocht, petite ville située dans un désert où l'eau est rare. Elle est, comme la Mecque, bâtie entre deux montagnes : la population en est peu nombreuse et le commerce peu considérable. Les habitants élèvent des chameaux, dont ils tirent leur nourriture.

D'Audaghocht à Ghâna, on compte 12 journées ; d'Audaghocht aux villes du Wârgalân, 31 journées ; d'Audaghocht à Djerma, environ 25 journées ; d'Audaghocht à la ville d'Oulîl, où est la mine de sel, 50 journées.

Un voyageur digne de foi qui a parcouru le Soudan, rapporte que dans le territoire d'Audaghocht on trouve, près des eaux stagnantes, des truffes dont le poids s'élève jusqu'à 3 livres et au-delà. On en apporte en abondance à Audaghocht, où on les fait cuire avec de la p39chair de chameau ; ce qui compose, dit-on avec raison, un mets des plus excellents.


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Page mise à jour le  15 déc 99