[image ALT: Une grande partie de mon site vous sera inutile si vous naviguez sans les images !]
courrier : William Thayer [Link to an English help page]
English

[image ALT: Cliccare qui per una pagina di aiuto in Italiano.]
Italiano

[image ALT: Lien à une autre page de ce site]
Aide
[Lien au niveau immédiatement supérieur]
Amont

[image ALT: Lien à ma page d'accueil]
Accueil

[ALT de l'image: lien à la partie précédente]
Section
précédente
[une espace blanche]
Le texte a été relu et corrigé
aussi diligemment que possible
et je la crois libre d'erreurs.
Si toutefois vous y trouviez une erreur,
merci de me la signaler !

[ALT de l'image: lien à la partie suivante]
Section
suivante

p155 Troisième climat, suite

TROISIÈME SECTION

La contrée comprise dans cette section se compose, en majeure partie, de pays déserts ou peu peuplés et fréquentés par des Arabes qui dévastent les campagnes et molestent les peuplades voisines par leurs incursions. Les villes principales sont Zawîlat Ibn Khattâb, Mestîh, Zâla, Audjala et Barca. Sur les rivages de la mer Méditerranée, on remarque divers châteaux dont nous donnerons la description, et en outre les villes jadis considérables de Çort (Sort) et d'Adjdâbia. De nos jours elles se trouvent 131 dans un état misérable et ne comptent que peu d'habitants, mais de ce qui en reste on peut conclure à ce qu'elles ont été et l'auréole du passé continue à entourer leur nom. Il y aborde encore des navires chargés d'objets de consommation et le pays est comparativement très productif. Nous décrirons ici les villes, les territoires, les châteaux et les rivages de la mer, tels qu'ils sont actuellement. Tout secours et toute force viennent de Dieu dont le nom soit loué !

Barca est une ville de grandeur moyenne, premier minbar où s'arrêtaient les voyageurs qui se rendaient de l'Égypte à al‑Cairawân. Elle n'a que peu d'habitants et ses marchés sont peu fréquentés ; autrefois il n'en était pas de même. Les districts qui dépendent de Barca sont habités par des Arabes ; la ville elle-même est située dans une vaste p156plaine de plus d'une journée d'étendue en long et en large, environnée de montagnes, et dont le sol est couvert d'une poussière fine de couleur rouge. De là vient que les vêtements des habitants ont toujours une teinte rougeâtre, en sorte qu'on les reconnaît à ce signe dans les pays environnants. Le concours des voyageurs à Barca est et fut toujours considérable, parce que cette ville n'est voisine d'aucune qui puisse lui être comparée en fait de ressources, et qu'elle unit le commerce par terre au commerce maritime. Le pays produit du coton d'une qualité supérieure, et connu sous le nom de coton de Barca. Il y avait et il y existe encore des tanneries où l'on prépare des cuirs de boeuf et des peaux de tigre provenant d'Audjala. Les vaisseaux et les voyageurs qui viennent d'Alexandrie et de l'Égypte à Barca en exportent de la laine, du miel, de l'huile et en outre une espèce de terre utile en médecine, connue sous le nom de terre de Barca, et qui, mélangée avec de l'huile, est employée avec succès contre la gale, la teigne et la maladie du serpent. Cette terre est de couleur grisâtre (de poussière) et, jetée sur le feu, elle exhale une odeur de soufre et une fumée puante ; 132 elle est d'une saveur également très désagréable.

p157 De Barca à Audjala on compte, par le désert, 10 journées de caravane.

De Barca à Adjdâbia, 6 journées ou 152 milles.

De Barca à Alexandrie, 21 journées ou 550 milles.

Le pays compris dans l'intervalle qui sépare Barca et Adjdâbia se nomme pays de Bernîc (Bérénice).

Adjdâbia est une ville située sur un terrain égal de pierre. Elle était autrefois entourée de murs, mais il n'en subsiste plus que deux forts dans le désert. La distance qui sépare Adjdâbia de la mer est de 4 milles. Il n'y a dans son territoire aucune espèce de végétation. La population se compose de juifs et de musulmans adonnés au commerce. Le pays qui dépend d'Adjdâbia est peuplé par plusieurs familles (arabes et) berbères. Il n'existe aucun cours d'eau, soit dans le pays de Barca, soit dans celui d'Adjdâbia ; on n'y boit que de l'eau de citerne. Les champs arrosés artificiellement par des sawânî ne produisent que peu de blé ; le produit principal étant l'orge et diverses espèces de pois et de menus grains.

La distance d'Adjdâbia à Audjala est de 5 journées.

Audjala est une ville petite, mais bien peuplée, dont les habitants se livrent à un négoce actif et tel que le comportent leurs besoins et ceux des Arabes (leurs voisins). Cette ville est située du côté du désert ; le sol qui l'environne produit des dattes pour la consommation des habitants. C'est par Audjala qu'on pénètre dans la majeure partie du pays des nègres, comme par exemple dans le Couwâr et le Caucau. Située sur la grande route, elle est très fréquentée par les allants et par les venants. Les territoires d'Audjala et de Barca ne forment qu'une seule province. L'eau y est rare, et l'on n'y boit que celle des citernes.

p158 D'Audjala à Zâla, on compte 10 journées, en se dirigeant vers l'ouest.

Zâla est une petite ville où se trouve un bazar fréquenté. La population, qui est commerçante, se compose de Berbers de la tribu de Houwâra ; on y trouve bienveillance et protection. Par Zâla on entre aussi dans le Soudan.

De Zâla à Zawîla, on compte également 10 journées, en passant par un bourg nommé Mestîh.

De Zâla au pays de Waddân qui n'est qu'une grande oasis où les plantations de dattiers et les champs cultivés 133 se succèdent presque sans interruption, 3 journées.

De Zâla à Çort (Sort), 9 journées, et de Çort (Sort) au pays de Waddân, 5 journées.

Waddân est un district situé au midi de Sort, où sont deux châteaux distants l'un de l'autre d'un jet de flèche. Celui de ces châteaux qui est le plus voisin du rivage de la mer est inhabité, celui qui est du côté du désert est habité. Il y a beaucoup de puits et on y cultive du millet. On voit des bois à l'occident de ces châteaux qui sont entourés de nombreuses plantations de mûriers, de figuiers, mais qui commencent à disparaître, et de palmiers produisant des dattes molles et douces ; car si les dattes d'Audjala sont plus abondantes, celles de Waddân sont supérieures en qualité. C'est par ici qu'on entre dans le pays des nègres et ailleurs.

La ville de Zawîlat Ibn Khattâb, qui est à 5 fortes journées de Sort et à 16 journées de la Sowaica, dite Sowaicat Ibn Matscoud, est située dans un désert. Elle est petite, mais il y a des bazars ; on entre par là dans la majeure partie du Soudan. On y boit de l'eau douce provenant de puits. Il y croît beaucoup de palmiers dont les fruits sont excellents ; c'est un lieu fréquenté par des voyageurs qui y apportent toutes les marchandises et tous les objets nécessaires aux habitants. Les p159Arabes errent dans la campagne et ils y commettent autant de dégât qu'il leur est possible. Tout le pays que nous venons de décrire est soumis à leur domination. Celui qui est compris entre Caçro 'l‑Atich et Câfiz appartient aux Nâcira et aux Omaira, tribus Arabes ; celui qui s'étend de Câfiz à Tolmaitsa (Ptolemaïs) et puis à Lacca est habité par les Mezâta, les Zîbâna (?) et les Fezâra, tribus berbères arabisées. Ces Berbers sont des cavaliers braves, fiers et d'une fermeté inébranlable ; ils font usage de longues lances et protégent le pays contre les incursions des Arabes.

L'étendue du littoral compris dans la présente section est, en ligne directe, de 7 journées de navigation, ou de 700 milles ; et en suivant les contours du golfe, de 13 journées, ou de 1300 milles, savoir :

Du cap Cânân à la ville de Sort, dont nous avons déjà parlé, 3 journées de navigation.

134 De Sort à Caçr Mighdâch, 1 journée et demie.

De là à al‑Djazîrato 'l‑Baidhâ (l'île blanche), 1 journée et demie.

De là à Caçr Sarbioun, 1 journée.

De là à Caçr Câfiz, 1 demi-journée.

De là à Bernîc (Bérénice), 1 demi-journée.

De là à al‑Abrâdjo 'l‑Arb'a (les quatre tours), 1 journée.

De là à Toukara (Teuchira), 50 milles.

De là à Tolmaitsa, 50 milles.

Puis à l'extrémité du golfe (le cap), 2 journées.

Tel est l'itinéraire en résumé : mais notre intention est de le compléter p160en énumérant les châteaux qui s'y trouvent. Le voyageur qui, partant du cap Cânân, veut se rendre à Coçour Hassân (les châteaux de Hassân), a 4 fortes journées à faire dans un désert aride, plat et monotone. Coçour Hassân, de nos jours, est inhabité et il n'en subsiste que des ruines qui disparaissent peu à peu ; mais on y trouve deux puits peu profonds où les passants peuvent s'approvisionner d'eau en quantité suffisante pour leurs besoins durant le reste du voyage.

De là à al‑Açnâm (les colonnes), 30 milles.

L'ensemble de ces baies porte le nom de golfe de Zadîc.

En creusant des fosses dans le sable, sur les bords de la mer, on trouve de l'eau potable. On appelle ce lieu al‑Açnâm, parce qu'il existe auprès de là, dans le désert, un grand nombre de colonnes, ouvrage des anciens Romains.

D'al‑Açnâm on va à al‑Carnain, château considérable bien habité, et au centre duquel est un puits profond, de nos jours alimenté par les eaux pluviales.

De là à Sort, dont nous avons suffisamment fait mention, on compte 13 milles.

De là à Caçro 'l‑Ibâdî, sur le bord de la mer, 34 milles.

p161 De Caçro 'l‑Ibâdî à al‑Yahoudîya, château habité, dont les champs sont arrosés au moyen d'eau de puits, que répandent des sawânî, 34 milles.

135 D'al‑Yahoudîya à Caçro 'l‑Atich, (château habité entouré de champs cultivés et) ou il y a trois réservoirs d'eau, 34 milles.

De Caçro 'l‑Atich à Manhoucha, 3 journées sans eau, et par un terrain bas et marécageux. Manhoucha est située sur les bords de la mer ; on s'y procure de l'eau en creusant des fosses dans le sable du rivage. Ce nom de Manhoucha (mordue) lui a été donné parce qu'il y a dans les sables qui l'environnent une sort de vipère longue tout au plus d'un empan, qui attaque et mord ceux qui n'y prennent pas garde ou qui traversent le pays durant la nuit. On y trouve aussi des troupeaux de boeufs sauvages, beaucoup de loups, et même des lions qui attaquent les voyageurs, lorsque ceux-ci paraissent les redouter.

De Manhoucha à Bîro 'l‑Ghanam (le puits des moutons), situé à l'extrémité du marais salé dépendant de Manhoucha, environ 15 milles.

De là à al‑Fâroukh, 1 journée de 30 milles.

p162 D'al‑Fâroukh à Harcara, 25 milles ; de là à Birsamt, 20 milles ; puis à Salouc (Solouc), 24 milles ; ensuite à Awîrâr, 30 milles ; de là à Caçro 'l‑Asl (château du miel), 12 milles ; de ce lieu à Melîtia, 27 milles ; de là à Barca, 15 milles.

Quant à la distance qui sépare Salouc de Câfiz, elle est d'une journée. Câfiz est un château construit au milieu de la plaine de Bernîc (Bérénice). à l'est de Câfiz, s'étend un bois, qui touche à la mer, dont le château lui-même est distant de 4 milles. Du même côté, et à peu de distance de Câfiz, est un lac qui s'étend le long de la mer, mais qui en est séparé par des dunes de sable. Ce lac est d'eau douce ; sa longueur est de 16 milles, et sa largeur d'environ 1 demi-mille. C'est vers la moitié de la première de ces dimensions que commence le bois dont il vient d'être parlé. Le pays est occupé par des familles de la tribu de Rawâha. De Câfiz à Caçr Toukara (Teuchira), 2 journées.

Ce dernier lieu est considérable et bien peuplé. Les habitants sont des Berbers. Les champs qui l'environnent sont cultivés et arrosés artificiellement au moyen de sawânî ; on y cultive des pois et d'autres menus grains. Un bois l'entoure de tous les côtés.

136 º De là à Camânis, château, 10 milles ; puis à Autalît, château habité, p1631 demi-journée ; ensuite à al‑Abrâdjo 'l‑Arb'a (les quatre tours), château, 1 journée ; de là à Caçro al‑Ain (château de la fontaine), 10 milles ; enfin à Tolmaitsa (Ptolemaïs), 10 milles.

Tolmaitsa est une place très forte, ceinte de murailles en pierre et très peuplée. Les navires d'Alexandrie qui fréquentent son port y apportent de bonnes étoffes de coton et de lin qu'on y échange contre du miel, du goudron et du beurre. Autour de cette ville campent vers l'occident, les Rawâha, et vers l'orient les Haib.

Nous décrirons par la suite, s'il plaît à Dieu, les pays qui touchent à cette contrée.


[ALT de l'image : HTML 4.01 valide.]

Page mise à jour le  11 août 02