M. L. Castillon (1765) Essai sur les Erreurs et les Superstitions Chapitre X (pp. 175-197)

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CHAPITRE X.

Des Fantômes, Spectres, ou Revenans.

C'EST à la crainte, au trouble de l'esprit, à la chaleur de l'imagination, à la force des impressions reçues ; enfin à l'asservissement à la superstition que les spectres, les fantômes, les revenans sont redevables de l'existence qu'on leur suppose, & de la terreur qu'inspire leur fantastique présence. De tous les préjugés c'est ici le plus général. On le trouve établi chez toutes les nations ; parceque chez tous les peuples, des images imprévues, des bruits soudains, inattendus, des circonstances imposantes, des passions impétueuses agitent l'imagination, & meuvent les organes, qui fortement ébranlés, violemment frappés, sans qu'il y ait aucun objet extérieur qui les affecte, le montre à l'ame tout de même que s'il étoit présent. On croit partout aux fantômes, aux revénans, aux spectres ; parceque partout les hommes se sont fait des idées fausses qui leur impriment de la frayeur & du respect, qui pénètrent leur ame de terreur, & qui sont le tourment des esprits foibles. La peur des spectres est générale enfin, parceque très-peu de personnes ont assez de raison & de philosophie pour examiner, de sang froid, la cause de ces terreurs, quand elle agit, le principe de ces vaines images, quand on croit les appercevoir, le méchanisme de ces apparitions, quand elles viennent glacer le cœur d'effroi. D'ailleurs, comment ne pas croire aux fantômes ; on en rapporte tant de faits, on en raconte tant de choses ; & ces faits, ces recits sont constatés par tant de preuves ? Comment ne pas croire aux apparitions, on y a cru dans tous les tems, & elles sont autorisées par tant de grands exemples, & par l'expérience de tant d'hommes éclairés ?

Avant que de parler des exemples particuliers, j'examinerai par les faits mêmes, à quelles causes cette superstition doit & son origine & son autorité.

La crainte de la mort si naturelle à l'homme, & la conviction intime, ou le desir pressant de l'immortalité de l'ame & de sa réunion future avec le même corps qu'elle a animé sur la terre, ont fait partout instituer des fêtes funéraires & de lugubres cérémonies. Ces fêtes, ces cérémonies furent d'abord tout aussi simples que ceux qui les avoient instituées. Peu à peu on ajoûta a ces premières fêtes, soit pour rappeller plus fortement l'idée de la réunion de l'ame avec le corps, soit par des motifs d'intérêt & de domination de la part des innovateurs, on y ajoûta, dis-je, des décorations imposantes, des tableaux funèbres, de plus tristes cérémonies ; enfin un appareil plus terrible, plus ténébreux, & dont l'effet fut d'étonner l'esprit, & d'effrayer l'imagination. C'étoit jadis, par exemple, une cérémonie bien solemnelle, bien auguste aux yeux des peuples idolâtres, que l'usage où ils étoient d'offrir de somptueux repas aux dieux des enfers. La superstition qui va toujours croissant, quand elles s'est une fois introduite, inspira bientôt à ces mêmes peuples de rendre aux mânes des morts les mêmes honneurs qu'on avoit rendus jusqu'alors à la cour infernale. L'ignorance, ou plutôt la bisarrerie humaine offrit des festins aux morts pour appaiser leurs ames. l'appareil de ces festins, le silence profond qui y régnoit, l'obscurité du lieu où se faisoit cette cérémonie, les spectacles des tombeaux, des ossemens, des crânes, des corps à demi consumés qu'on y voyoit à la pâle lueur des torches funéraires ; l'abbatement, la consternation des convives, leurs soupirs & leurs gémissemens, les bras qu'ils tendoient, en pleurant, vers le cadavre, à qui ils sembloient demander de venir prendre part au festin : quels objets plus capables d'épouvanter la multitude ! Aussi regarda-t'on comme un des plus sacrés devoirs de la religion, l'usage & la solemnité de ces fêtes nocturnes. Comment cette cérémonie s'est-elle communiquée d'une nation à une autre ? Les différens peuples anciens & modernes qui sont dans l'usage constant de manger sur les tombeaux, ont-ils puisé cette coutume dans le délire de leur propre superstition ? C'est ce qu'il n'est pas possible de découvrir à travers le nuage qui dérobe même à leurs yeux l'origine de ces tristes festins. En Egypte, où l'on avoit tant de respect pour les morts, & où les tombeaux inspiroient tant de vénération, l'usage des repas funèbres & nocturnes étoit inviolablement observé. C'étoit par là que les Egyptiens terminoient toujours la solemnité des enterremens. A Rome également, les funérailles étoient toujours suivies d'un repas taciturne que l'héritier donnoit aux parens & amis du mort, dans le lieu même où reposoient ses cendres.

Jadis dans la Courlande & dans la Sémigalle aussitôt qu'un citoyen avoit rendu le dernier soupir, on le paroit de ses plus beaux habits, on mettoit dans ses mains, ou à côté de lui une somme d'argent fixée par la coutume, & quelques alimens ; on l'enfermoit dans un cercueil, & on le portoit au tombeau, qui étoit toujours loin des villes, dans un champ, ou dans une forêt. Là on découvroit le cercueil, & l'on offroit à manger au cadavre : pour l'engager à prendre de la nourriture les conducteurs du convoi funéraire mangeoient, & régaloient tous ceux qui avoient été invités ; & c'eut été une indécence, si quelqu'un d'eux eut manqué, la coupe à la main, de saluer le défunt, & de l'inviter à boire.

Dans les premiers tems on n'offrit aux ames que du miel, du vin, de la bierre, du lait, des œufs, du pain, de la viande, & de l'eau : mais à mesure que les ténébres de l'ignorance devinrent plus épaisses, les mœurs furent moins simples, & la superstition donna de la férocité aux hommes. Ils crurent que les ames de ceux qui s'étoient plu dans le carnage, aimeroient beaucoup mieux humer du sang que de manger des légumes. Cette folle & cruelle idée inspira d'abord aux peuples l'idée de répandre sur les tombeaux quelques gouttes de sang humain : bientôt les femmes, les esclaves, les captifs, & les concubines qui avoient appartenu à ceux dont on vouloit honnorer la mémoire, expirèrent sous les couteaux des sacrificateurs. C'étoit au milieu de ces affreuses hécatombes, au bruit des gémissemens des victimes, & sur leurs membres palpitans que les amis du mort faisoient les repas funéraires : c'étoit alors qu'animés par le vin & par l'horreur du spectacle, ils appelloient le mort : c'étoit alors que croyant voir son ame sous la forme d'un spectre hideux, d'un fantôme effroyable, ils lui disoient d'un ton lugubre & mal assuré : ami, spectre, fantôme ! tu t'es lève du fond de son tombeau ; est-ce pour venir avec nous, pour boire, & manger comme nous ? Quand ce festin barbare étoit fini, qu'on croyoit l'ombre satisfaite, qu'il n'y avoit plus de malheureux à immoler, & que les convives peut-être sentoient au fond du cœur le tourment du remords, il quittoient brusquement la table, conjuroient le fantôme, que leur imagination fortement échauffée leur montroit comme s'il eut été présent, de se retirer, & surtout de ne pas nuire aux plantes des jardins, aux fruit de la campagne. Ces mêmes cruautés, ces mêmes cérémonies étoient religieusement observées par les Sauvages de l'Amérique. Encore dans quelques contrées de la Louisiane, aussitôt qu'une femme, chef de la peuplade, ou noble, c'est-à-dire, de la race du soleil, est morte, on étrangle sur sa tombe douze petits enfans & quatorze grandes personnes pour être enterrés avec elle ; & la même superstition qui a fait immoler ces victimes, les change en autant de fantôme que les Sauvages de la peuplade croyent voir toutes les nuits errer sur les tombeaux.

Les coutumes les plus bisarres sont fondées sur quelque principe : celui de ces repas funèbres est, comme je l'ai dit, la conviction, ou le desir de l'immortalité de l'ame. De cette opinion les Anciens, ainsi que les Sauvages des tems modernes, ont conclu que puisque l'ame est immortelle & toujours sensible, elle doit donc être flattée des honneurs qu'on lui rend. Une autre erreur est venu grossir, & rendre plus féroce cette superstition. Les Anciens croioient que les ames séparées des corps, se plaisoient aux lieux où leur première enveloppe étoit ensévelie : ils croyoient qu'errant sans cesse autour des sépulcres, & la fatigue de cet exercice diminuant leurs forces, elles avoient besoin d'alimens ; enfin, qu'elles humoient le vin des libations, qui, répandues sur la poussière, étoient bientôt absorbées, & ne laissoient sur la surface du sol aucune trace d'humidité. Ils pensoient encore que les ames entendoient & recevoient avec reconnoissance les prières & les alimens qu'on leur offroit: qu'elles fécondoient les terres de ceux qui les avoient honnorées ; & que spectres dévastateurs, elles s'attachoient à tourmenter par de soudaines apparitions, ceux qu'elles avoient quelques raisons de haïr, ou dont elles vouloient se venger. Enfin, ce n'étoit pas assez pour les Anciens que de donner aux ames dégagées de la matière, toutes les passions qui les avoient agitées, quand elles avoient été unies avec les sens ; ils étoient persuadés encore qu'elles lisoient dans l'avenir comme dans le passé ; qu'elles annonçoient à ceux dont elles avoient reçu des bien-faits, les événemens futurs, les disgraces, les revers, les maladies, la mort même, & toujours par des apparitions.

Quelle folie autorisoit ces fables ? L'avarice des Prêtres qui régnoient par la crainte sur la superstition ; leur orgueil qui étoit intéressé à laisser végéter le peuple dans la terreur & l'ignorance. Ils étonnoient sans cesse l'imagination des foibles par des contes effrayans, & souvent par des tours de charlatanisme dont eux seuls connoissoient & faisoient agir les ressorts. Pour comprendre aisément combien les ténébres du paganisme ajoûtoient de préjugés aux erreurs de l'ignorance, il suffit d'observer quelle est encore de nos jours l'opinion du peuple sur les apparitions. Il suffit d'examiner s'il est quelque village, quelque hameau où la plûpart des Laboureurs ne soient pas persuadés du retour des ames sur la terre : les apparitions sont fréquentes chez eux : il en est peu qui n'aient vû des spectres, ou revenans. Eh comment ne croiroient-ils pas en avoir vû ? Sont-ils plus éclairés, plus courageux, plus intrépides que les Anciens qui leur ont transmis ces chimères & ces superstitions ?

Quand, barbare à force de vertu, le féroce Brutus eut résolu de poignarder César ; quand à l'instant de cet assassinat, & prêt à se couvrir du sang de son ami, de son bienfaiteur, de son pere, suivant l'opinion commune : quand Brutus échauffé par le patriotisme, accablé par avance sous le poids des remords, vit, ou crut voir un spectre s'attacher à ses pas, lui reprocher l'horreur du parricide qu'il alloit commettre, & le dévouer aux furies ; son imagination étoit assez troublée pour lui représenter des spectres, des fantômes. Il racontoit cette effroyable apparition à Cassius, qui moins criminel que lui, & n'ayant pas dumoins à craindre d'outrager la nature, dit à Brutus, suivant Plutarque ; je suis persuadé, ô Brutus ! que vous avés cru voir un spectre vous demander compte du sang que vous allés faire couler : mais ne pensez-vous point aussi que les soins qui agitent votre ame, que le trouble de votre esprit, que l'extrême fatigue de vos sens, les tènèbres de la nuit, l'humanité & la patriotisme qui combattent dans votre cœur, ne soient pas assés forts pour altérer vos idées, pour exalter votre imagination au point de créer des fantômes, des spectres, des furies ? Pour moi qui ne crois pas aux démons, & moins encore qu'ils se rendent visibles &c. Cependant, ce même Cassius, si fort au-dessus de la crainte, si fort persuadé qu'il n'existe ni dieux ni démons, & que la vision de Brutus n'a été que l'effet du trouble de son ame ; ce même Cassius a t'il eu dans la suite plus de courage, plus de confiance & de fermeté que Brutus ? Guerrier jusqu'alors intrépide, fier ennemi d'Antoine & du Triumvirat, ne crut-il pas aussi voir un spectre dans sa tente ; & ce fantôme produit par les mêmes causes qu'il avoit dévoilées avec tant de vérité dans l'aventure de Brutus, jetta la terreur dans son ame, enchaina sa valeur, & le lendemain son bras jusqu'alors indomptable, resta sans force dans le champs de Philippes, & se laissa ravir l'honneur de la victoire.

Drusus, l'un des plus grands hommes que l'ancienne Rome ait produits, avoit porté ses conquêtes jusqu'aux rives de l'Elbe, lorsqu'une femme d'une taille gigantesque, & habillée à la manière des Barbares, se présentant soudainement à lui : que cherches-tu, lui dit-elle, insatiable conquérant, fuis, & vas loin d'ici terminer le cours de ta vie, que la Parque s'aprête à te ravir ; & le spectre disparut. Dion & Suètone, qui rapportent cette apparition, croyoient l'un & l'autre aux fantômes, ainsi que Drusus, qui, à supposer la certitude de ce fait, avoit trop entendu parler à Rome, d'auspices, de prodiges, de fantômes & de genies malfaisans, pour se douter, comme l'observe M. Bayle, " que quelqu'un d'une taille extraordinaire parmi les habitans du pays où il étoit, se fut présenté comme un spectre ; car il est très-vraisemblable qu'on a eu plus d'une fois recours à un pareil stratagème. "

Mais pourquoi chercher des tels éxemples chez des peuples dont le culte, la religion & les Prêtres ne tendoient qu'à accréditer cette superstition ? Il est tout naturel que remplis de la fausse doctrine du retour habituel des ames sur la terre, les Egyptiens, les Grecs & les Romains crussent, ainsi que la plûpart des nations sauvages, aux apparitions, aux spectres, aux fantomes. Mais ce qui me paroit point du tout naturel, & ce qui néanmoins est vrai, tant sont inconcevables les caprices de la raison humaine, c'est que les mêmes fables, les mêmes préjugés, repandent parmi nous tout autant de terreur. Ce que j'aurois encore de la peine à croire, si les faits n'étoient bien constatés, c'est que parmi nous, des hommes qui se sont rendus célèbres par leur lumières, & plus encore par les efforts qu'ils ont faits pour combattre les opinions reçues, ayent été les plus susceptibles de ces sortes de terreurs paniques ; qu'ils n'ayent pu s'empêcher de frémir aux seuls mots de fantômes, de revénans, de spectres. Tel a pourtant été, dit-on, le fameux Hobbes, l'honneur de l'Angleterre, & l'un des plus célèbres écrivains du dernier siècle. Hobbes, cet homme que la liberté de sa philosophie, la nouveauté & la hardiesse de quelques-unes de ses propositions, firent passer pour athée ; ce même Hobbes, dit l'estimable Auteur qui a écrit sa vie, a été accusé d'avoir eu peur des fantômes, de ces mêmes fantômes dont il a nié l'existence ; & sa crainte étoit telle, qu'il n'osoit demeurer seul, quoiqu'il fut, disoit-il, bien persuadé qu'il n'y a point de substance distincte de la matière.

Si l'on dit que naturellement timide, quoiqu'assés courageux pour lutter contre la vérité, Hobbes n'a pas trouvé dans sa raison assés de force pour s'élever dans sa conduite, comme il s'est élévé dans ses ouvrages, au-dessus des premières impressions qu'il avoit reçues ; comment consiliéra-t'on l'inconcevable contradiction qui règne dans les écrits d'un homme moins célèbre que Hobbes, mais aussi sçavant & tout au moins aussi philosophe ? M. Hanov, illustre Professeur & Bibliotécaire à Dantzic, a combattu avec tout l'avantage que peut donner la vérité, les superstitions & les préjugés de la plûpart des Peuples anciens & modernes, au sujet du retour des ames & des apparitions : toutefois dans ce même ouvrage paroissant oublier ses réflexions & ses raisonnemens, il raconte avec la gravité d'un ancien habitant de Sémigalle, la fabuleuse aventure, suivant lui, arrivée à Flaxbinder, plus connu sous le nom de Johannes de Curiis. L'inconduite, dit M. Hanov, l'intempérance & la débauche furent la seule occupation de Flaxbinder dans sa jeunesse. Un soir, tandisqu'il se plongeoit dans l'yvresse des plus sales plaisirs, sa mere vit un spectre, qui ressembloit si fort par la figure & par la contenance à son fils, qu'elle le prit pour lui-même. Ce spectre étoit assis près d'un bureau, couvert de livres, & paroissoit profondément occupé à méditer & à lire tour-à-tour. Persuadée qu'elle voyoit son fils, & agréablement surprise, elle se livroit à la joye que lui donnoit ce changement inattendu, lorsqu'elle entendit dans la rue la voix de ce même Flaxbinder qui étoit dans la chambre. Elle fut horriblement effrayée ; on le seroit à moins ; cependant ayant observé que celui qui jouoit le rôle de son fils, ne parloit pas ; qu'il avoit l'air sombre, hagard & taciturne, elle conclut que ce devoit être un spectre ; & cette conséquence rédoublant sa terreur, elle se hâta de faire ouvrir la pote au véritable Flaxbinder. Il entre, il approche ; le spectre ne se dérange pas. Flaxbinder pétrifié à ce spectacle, forme, en tremblant, la résolution de s'éloigner du vice, de renoncer à ses desordres, d'étudier, enfin d'imiter le fantôme. A peine il a conçu ce louable dessein, que le spectre sourrit d'une horrible manière, jette les livres & s'envole. On sent qu'un homme qui raconte d'un ton aussi persuadé de telles visions, est bien près de voir des fantômes : aussi ne serois-je point étonné si dans la suite des ouvrages posthumes de M. Hanov, & qui doivent, dit-on, paroitre incessament, on lit quelques récits d'apparitions. M. Hanov avoit, malgré la supériorité de ses talens, tout autant de préjugés, d'imagination & de crédulité qu'il en faut pour voir des spectres.

Je dirai donc avec M. Bayle, qu'il ne faut point accuser d'imposture tous ceux qui protestent avoir vû des fantômes : car les contes qu'ils ont lûs, ou qu'ils ont entendu faire de ces sortes d'apparitions, ont pu laisser dans leur cerveau une trace si profonde, que les esprits animaux n'y sçauroient plus tomber, sans exciter fortement l'idée d'un spectre. " si une vive attention à ces objets, accompagnée de crainte, ébranle l'imagination, soyez assuré que l'action des esprits animaux sur cette trace, sera plus forte que l'action de la lumière sur les nerfs optiques. L'imagination alors sera plus forte que la vue, & peindra les objets comme présens ; desorte qu'encore qu'on soit éveillé, on croira voir une chose qui n'est point présente aux yeux, mais seulement aux sens internes. " Qu'étoit-ce donc jadis, quand on laissoit croire au peuple, soit à rome, soit ailleurs, & surtout au peuple de la campagne, non-seulement la possibilité du retour des ames sur la terre, mais encore la fréquence de ces retours, & toujours pour demander, disoient les sacrificateurs avides, de riches Hécatombes, des secours mercenaires, de vénales expiations ?



James Eason.

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